AFRIKATI (FR)

    Christian Nouboue
Post by On 01 July 2013 In Blog Francais 164268 comments

Le développement de l’Afrique c’est maintenant !

« Des personnes ordinaires, dans des endroits ordinaires, en faisant plein de choses ordinaires peuvent changer la face du monde. »                                                     

        - Proverbe africain de l’ethnie Xhosa (Tanzanie, Afrique du Sud, Botswana, Lesotho) 

Trop souvent associée à des évènements négatifs, l’Afrique a parfois été qualifiée de “continent sans espoir"(1). Aujourd’hui pourtant, je pense que les conditions sont réunies pour un vrai décollage du continent, à condition que les Africains s’engagent pleinement dans la résolution des problèmes qui sont les leurs. C’est un moment historique pour les Africains : après des décennies de rendez-vous manqués, l’Afrique est enfin prête à amorcer son développement

Cette conviction explique le lancement de ce blog, qui a 3 buts précis : Primo convaincre les plus sceptiques de la qualité des perspectives économiques africaines, opportunité historique pour amorcer un décollage. Deuxio convaincre TOUS les Africains, gouvernements, citoyens présents en Afrique et diaspora, de la nécessité de s’impliquer dans la résolution des problèmes du continent car seule cette implication collective de tous transformera la croissance économique en réel développement. Tercio, contribuer modestement à la définition des solutions à travers des analyses fondées sur des faits et enrichies des retours, nombreux j’espère, des lecteurs de ce blog. 

Des perspectives économiques positives, cadre idéal pour un décollage

Les économies africaines sont en croissance, et ce potentiellement pour un bon moment. Sur la décennie écoulée, l’Afrique Sub-Saharienne (ASS) a été la seconde région la plus dynamique du monde. Seule l’Asie en développement (grâce à la Chine) a eu une meilleure performance (cf. graphe 1). 

Graphe 1 : Evolution du PIB à prix constants de divers régions du monde

 

Encore plus marquant, pour la première fois, cette croissance n’est pas que le résultat d’un boom sur les matières premières et les facteurs sous-jacents de cette croissance sont durables :

  • Boom des matières premières : la croissance industrielle en Asie (Chine en particulier) a déclenché une compétition mondiale pour les matières premières, entraînant une montée des prix(2). Ceci a clairement été bénéfique pour les pays africains riches en matières premières. 
  • Une démographie favorable(3) : Sur la décennie, la population en ASS a cru (225 millions d’Africains supplémentaires), est devenue plus urbaine (120 millions d’Africains urbains supplémentaires) et a amélioré le ratio population active/population à charge grâce à la transition démographique (moins d’enfants par femme).
  • Emergence d’une classe moyenne : 355 millions(4) d’Africains dépensent déjà entre 4$ et 20$ par jour et les dépenses en consommation en Afrique devraient doubler d’ici 2020 pour atteindre 1000 milliards de dollars(4). Ceci créé des opportunités de taille pour les produits de grande consommation, la distribution, l’agroalimentaire, le secteur manufacturier et les services financiers qui représentent près de 40% de la croissance. 
  • Déploiement de la technologie : Même s’ils sont encore sensiblement inférieurs à ceux d’autres régions, les taux de pénétration des technologies (mobile, internet…) augmentent et améliorent la productivité sur le continent. L’Afrique est même à la pointe de certaines technologies telles que le paiement mobile(5).

Par conséquent, le monde entier croit au potentiel de l’Afrique : pour preuve, les Investissements Directs Etrangers (IDE) ont quadruplé sur la période 2000-2011 de 9,7 Milliards $ à 43 Milliards $ malgré un ralentissement lié à la crise.

La résolution des problèmes africains passe avant tout par l’implication des Africains

Malgré ce potentiel, il reste de nombreux défis à relever afin de mettre durablement l’Afrique sur la trajectoire du développement. Les relever impliquera différents acteurs, des gouvernements au secteur privé en passant par la société civile et les organisations internationales. Néanmoins les acteurs clés restent les Africains eux-mêmes car aucun pays ne s’est développé sans l’implication de ses propres citoyens et élites. Pour cette raison, je pense sincèrement que chaque Africain devrait s’impliquer dans la résolution de problèmes africains à hauteur de ses moyens et en fonction de ses compétences. C’est d’autant plus nécessaire que l’Afrique dispose déjà de ressources limitées en compétences humaines.

Beaucoup d’Africains objectent, à juste titre, que les gouvernements africains actuels peuvent décourager les meilleures initiatives. D’autres rétorquent qu’ils ne s’investiront pas personnellement pour aider leurs pays car ces derniers ne leur ont jamais été d’aucune assistance voire sont de réels entraves à leur vies (ex : lenteur administrative et corruption). Je voudrais leur dire que nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir une relation purement contractuelle avec nos jeunes Etats (« J’aide mon pays à condition qu’il m’ait déjà aidé ») comme le font les citoyens des pays développés, précisément parce nos Etats sont encore jeunes. Les Etats matures – tels que les Etats-Unis ou les Etats européens – sont le résultat de siècles d’implication d’individus éclairés qui ont donné de leur temps et de leurs idées – parfois au péril de leurs vies – afin de construire les fondements des institutions actuelles de ces pays. La plupart d’entre eux ont sans doute donné plus à leurs pays qu’ils n’en n’ont reçu car étaient plus intéressés par l’avenir meilleur qu’ils laissaient à leurs enfants.

Comme illustré par la citation d’introduction, l’implication profonde de « citoyens normaux » peut vraiment changer la donne sur le continent, indépendamment des actions menées par les gouvernements. Nous devons donc prendre nos responsabilités en tant que citoyens et donner de notre temps, de nos idées et de nos compétences afin de régler nos problèmes une fois pour toute. D’ailleurs je pense que c’est une opportunité historique de concevoir les modèles de nos pays et de contribuer de manière significative à la définition des fondements de nos sociétés de demain. Cette perspective, selon moi, offre d’ailleurs plus de sens à la vie que d’avoir une relation purement contractuelle avec nos gouvernements.

Ce blog est ma modeste contribution à la définition de solutions pour le continent Africain

Fermement convaincu du rôle que peuvent et doivent jouer les Africains afin de transformer cette opportunité en réel décollage, j’ai décidé de commencer ce blog afin de contribuer à la résolution de problèmes africains. En tant que consultant en stratégie, j’ai pensé que la contribution la plus efficace que je pouvais faire était d’appliquer la même rigueur analytique – au mieux de mes capacités – à la recherche de solutions pour l’Afrique.

A travers ce blog, je ferai de mon mieux pour partager des recommandations fondées sur des faits permettant de relever les défis qui sont les nôtres. Vos retours et critiques sont non seulement les bienvenus mais également nécessaires au parachèvement de ces solutions car, même avec la meilleure des intentions, on peut occasionnellement passer à côté de points importants. Grâce à votre aide, on peut commencer à produire des mesures prêtes à être implémentées pour le jour où nos gouvernements seront disposés à les mettre en œuvre. En effet, tôt ou tard, tout gouvernement pas vraiment intéressé par le bien être général finit par laisser la place à un gouvernement plus consciencieux.

Par conséquent, Africains et amis de l’Afrique, je vous invite à me faire part de vos retours sur les propositions que je compte faire. Lisez, aimez, critiquez, partagez, suivez nous sur les réseaux sociaux afin d'être au courant de nos articles et prenez part à la formidable aventure qui finira par contribuer au développement de l’Afrique : il est grand temps de développer ce continent !!

Sur une note plus légère, voici une vidéo (en Anglais) sur un milliard de raisons…de croire en l’Afrique. 


(1) The Economist, 13 mai 2000

(2) L’indice des prix des matières premières calculé par le FMI, qui est une moyenne de divers prix de matières premières, a plus que triple entre 2000 et 2012

(3) Source: Banque Africaine de Développement

(4) Source : Banque Africaine de Développement

Read 1198763 times Last modified on Monday, 08 July 2013 18:34
  Christian Nouboue

Christian Nouboue is a strategy consultant based in Paris who has done several projects in 7+ African countries. Educated in Cameroon, France and Germany, he is passionate about development challenges faced by Sub-Saharan African countries. He is the founder of the Afrikati blog. 

Christian Nouboué est un consultant en stratégie d’entreprises qui a effectué plusieurs projets dans plus de 7 pays d’Afrique. Il a effectué ses études au Cameroun, en France et en Allemagne et s’intéresse beaucoup aux problématiques de développement auxquelles sont confrontés les pays Africains. 

This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.

Related items

164268 comments

Leave a comment

Make sure you enter the (*) required information where indicated. HTML code is not allowed.

You are here: Home Français Le développement de l’Afrique c’est maintenant !